( AFP / SEBASTIEN BOZON )
Les effectifs de l'industrie automobile en France (constructeurs, équipementiers et fournisseurs) ont fondu de 33% entre 2010 et 2023, laminés par la baisse des ventes, les fermetures d'usines et les délocalisations, indique l'Insee jeudi, alors que les annonces de suppressions d'emplois se multiplient.
Dans cette enquête, la première qui identifie toute la production industrielle liée au secteur automobile, l'Insee calcule que l'emploi y a chuté de 425.500 en 2010 à 286.800 en 2023, soit une perte de près de 139.000 équivalent-temps plein, alors que dans l'industrie hors automobile les effectifs sont restés presque stables (-1%).
Premiers acteurs de cette rupture, les constructeurs, qui ont réduit leurs effectifs en France de 35%, de 131.400 à 85.400, soit 46.000 emplois disparus. L'effet de la diminution des effectifs salariés en France de Renault et Stellantis, qui ont préféré s'implanter en Europe (Roumanie, Slovénie, Espagne, Portugal, Slovaquie), au Maroc et en Turquie.
La tendance est identique chez les fournisseurs (équipementiers, carrossiers, fabricants de composants), qui ont réduit leurs effectifs en France de 31,5%, de 294.100 à 201.400, soit 92.700 emplois de moins, via des fermetures ou des changements de production.
Jusqu'en 2023, carrossiers et équipementiers ont enregistré une baisse d'effectifs plus limitée, de 17%, passant de 78.000 à 64.800 emplois.
"Les fournisseurs délocalisent peu, mais exportent vers les pays accueillant les sites des constructeurs français", note aussi l'Insee.
Mais depuis 2023, la tendance s'accélère: Michelin, Valeo, Forvia, Bosch ou encore Lisi et Dumarey ferment des sites en France.
L'impact de la panne de l'automobile sur les industriels est flagrant quand on compare l'évolution chez ceux qui travaillent pour l'auto et chez les autres.
Ainsi, les producteurs de caoutchouc et plastiques pour l'automobile ont perdu 43% de leurs effectifs, quand ceux des producteurs hors secteur auto ne reculaient que de 3%. Même contraste dans la métallurgie (-42% contre -3%), dans les produits métalliques (-27% dans le secteur auto, quasiment stable hors auto) ou la chimie (-29% contre +19%).
Seule exception, les batteries, où l’emploi progresse.
Globalement, la part de la filière auto dans l’emploi industriel est tombée à 9,2% en 2023.
L'Insee ne constate pas — du moins jusqu’en 2023 — d'effet spécifique de la transition électrique, car les trois quarts des fournisseurs produisent déjà pour les véhicules électriques, contre seulement 15% qui ne produisent que pour le thermique.
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